Formation
Après une enfance solitaire et malheureuse, un service militaire interrompu par une désertion, François Truffaut devient critique de cinéma en 1951 grâce à André Bazin. Aux Cahiers du cinéma puis à Arts, il est un des critiques les plus brillants et les plus provocateurs des années 50. Adepte d'un cinéma résolument classique représenté par Jean Renoir ou Jacques Becker, il fustige le cinéma français de l'époque et exalte certains maîtres du cinéma américain. Il défend un cinéma " d'auteurs " et préfigure ainsi l'avènement de la Nouvelle vague dont il est un des théoriciens.
Carrière au cinéma
Dès son court métrage Les Mistons (1958), François Truffaut montre où il va se situer : dans une tradition française fondée sur l'observation de la vie quotidienne et sur l'étude de caractères. Les Quatre cents coups (1959) ouvre le cycle Antoine Doinel qui fait la réputation du cinéaste : L'Amour à vingt ans (1962), Baisers volés (1968), Domicile conjugal (1970), L'Amour en fuite (1978). En apparence, son oeuvre se fond dans un certain classicisme et paraît contredire sa réflexion critique. Cinéaste de la sensibilité, il excelle dans l'autobiographie et le psychodrame, en mêlant l'humour et la tendresse. Son deuxième film Tirez sur le pianiste (1960), inspiré d'un livre de David Goodis, est sa première audace formelle et une première incursion hors d'un univers explicitement personnel. Il alterne par la suite des sujets originaux avec des adaptations d'oeuvres littéraires. Jules et Jim (1961) est un divertissement plein de fraîcheur même si l'on peut y voir une simple chronique bourgeoise. Dans d'autres films (Les Deux Anglaises et le continent, 1971; L'Histoire d'Adèle H., 1975), François Truffaut décrit les mécanismes de la passion avec une distance qui désarçonne souvent le spectateur. Il s'essaie aux films noirs avec La Mariée était en noir (1968) et La Sirène du Mississipi (1970) ou à la science fiction avec Farenheit 451 (1966). Il est convaincant lorsqu'il trouve une touche douce-amère, révélatrice de ses inquiétudes et de ses dons pour la direction d'acteurs : L'Enfant sauvage (1970) et L'Argent de poche (1976) sont d'émouvants regards sur l'enfance, L'Homme qui aimait les femmes (1977) est pathétique, grinçant et profondément " français ", La Nuit américaine (1973), un des films qui lui tenait le plus à coeur. Avec La Chambre verte (1978), évocation originale et troublante d'un culte maniaque des morts, il connaît son premier échec commercial. Ses trois derniers films, Le Dernier métro (1980), La Femme d'à côté (1981) et Vivement dimanche(1982), sont à nouveau des oeuvres charmantes et fragiles conçues par le cinéaste comme des " actes d'amour " pour ses acteurs. Dans sa diversité apparente, l'oeuvre de François Truffaut tient son unité de la liberté de création du réalisateur, dont la personnalité fait l'unité profonde. Mondialement célébrée, notamment aux Etats-Unis, son oeuvre fait plus souvent l'objet d'un culte que d'un inventaire critique.
François Truffaut tient parfois le rôle principal dans ses films. Il joue un rôle important dans Rencontres du troisième type (Steven Spielberg, 1977).
Autres activités
Il publie un livre d'interviews avec Alfred Hitchcock en 1966, qui devient une référence. Ses écrits sur le cinéma abondent.
Prix
- Prix pour l'ensemble de la carrière, 1984 au Los Angeles Film Critics Association Awards
- Meilleur scénario, 1981 au Césars du Cinéma Français pour le film : Le Dernier métro
- Meilleur réalisateur, 1981 au Césars du Cinéma Français pour le film : Le Dernier métro
- Meilleur scénario, 1975 au New York Film Critics Circle Awards pour le film : L'Histoire d'Adèle H.
- Meilleur réalisateur, 1974 au NSFC Award - National Society of Film Critics Awards pour le film : La Nuit américaine
- Meilleur réalisateur, 1974 au BAFTA - The British Academy of Film and Television Arts pour le film : La Nuit américaine
- Meilleur réalisateur, 1973 au New York Film Critics Circle Awards pour le film : La Nuit américaine
- Meilleur réalisateur, 1970 au NSFC Award - National Society of Film Critics Awards pour le film : Baisers volés
- Meilleur réalisateur, 1962 au Festival International de Cinéma (Mar del Plata) pour le film : Jules et Jim
- Meilleur réalisateur, 1959 au Festival International du Film (Cannes) pour le film : Les 400 coups