Réalisateur, Scénariste, Interprète, Auteur du commentaire, Directeur de la photographie, Monteur, Collaborateur scénaristique, Adaptateur, Dialoguiste, Auteur de l'oeuvre originale, Producteur
Pier Paolo Pasolini fait des études de lettres.
Avec le romancier Giorgio Bassani, Pier Paolo Pasolini écrit le scénario de La Donna del fiume (1953) de Mario Soldati et celui de Il Prigioniero della montagna (1956) de Luis Trenker. Il collabore aux dialogues de Le Notti di Cabiria de Fellini, mais son nom ne figure pas au générique. En 1960, il assiste ce dernier dans la réalisation d'une scène de La Dolce Vita et joue dans Il Gobbo de Carlo Lizzani. Mais l'année 1961 est surtout celle du tournage de son premier film, Accattone, où il décrit la vie d'un jeune proxénète romain. Cette première réalisation dépeint un monde au climat sordide où l'on rencontre la faim, le sous-prolétariat, des quartiers crasseux, la chaleur et le crime. Les bidonvilles et les HLM romains y sont filmés sans détours. La critique voit dans Accattone un film indiscutablement néo-réaliste, même si l'oeuvre n'a pas le style sobre et effacé des films emblématiques du genre. La Ricotta, épisode du film à sketches Laviamoci il cervello (dont les autres épisodes sont réalisés par Roberto Rossellini, Ugo Gregoretti et Jean-Luc Godard), est pour Pasolini l'occasion de faire jouer son ami Orson Welles. La scène finale, parodie de la crucifixion de Jésus, est la première grande provocation du cinéaste. En 1964, il tourne en Italie du Sud L'Evangile selon Matthieu, dans lequel sa mère interprète Marie. Toujours la même année, il réalise Comizi d'Amore, une enquête où il tient lui-même le rôle d'un journaliste interviewant des Italiens de tous les milieux sur leur vie sexuelle. Ce film est rythmé par des séquences où Pasolini converse avec un psychanalyste et Alberto Moravia. Intéressé par le poids de la fatalité dans les tragédies antiques, il adapte et réalise Oedipe Roi (1967) de Sophocle et Médée (1970) d'Euripide, avec Maria Callas et Laurent Terzieff. Dans ce qu'il nomme sa trilogie de la vie, Le Decameron (1971), Les Contes de Canterbury (1972) et Les Mille et Une Nuits (1974) constituent une tentative sincère de réaliser un cinéma à la fois culturel et populaire. Ces trois films, dont le fond commun fait référence à des contes, les mythes et les légendes, mettent en scène des personnages du peuple sur des musiques folkloriques. En 1975, il réalise son dernier film, Salo ou les Cent Vingt Journées de Sodome, dans lequel le sexe est utilisé non plus comme un instrument de libération à l'instar de ce qu'il est dans la trilogie, mais comme un asservissement. Cette dernière oeuvre mêlant pornographie et torture contribue à accroître la haine des chrétiens intégristes pour Pasolini. Jouant dans la plupart de ses films, affichant son homosexualité et ses idées communistes, méprisé par les marxistes endurcis et détesté par les fascistes de tout type, Pier Paolo Pasolini aborde la religion d'une manière sulfureuse. Les raisons de son assassinat n'ont jamais été clairement établies.
En 1942, Pier Paolo Pasolini crée avec des amis les revues littéraires Eredi et Il Setaccio.
Il est l'auteur de nombreux romans, essais, pièces de théâtre et recueils de poésie (Une vie violente, 1958 ; L'Odeur de l'Inde, 1962 ; Poésie à Casarsa, 1941-1942, recueil de poésies en dialecte frioulan). Sa carrière littéraire est déjà très avancée lorsqu'il se lance dans la réalisation.
En 1960, il traduit L'Orestie d'Eschyle en italien.
Il est critique culturel dans des émissions de radio.