Formation
Fille d'une psychothérapeute et d'un conseiller en marketing, Agnès Jaoui étudie au lycée Henri IV à Paris et fait hypokhâgne jusqu'à l'âge de vingt ans. Elle prend des cours de chant au Conservatoire du 7ème arrondissement puis à Enghien. Par la suite, elle intègre l'école de comédie du Théâtre des Amandiers dirigée par Patrice Chéreau. Agnès Jaoui débute au cinéma en 1983 dans Le faucon (Paul Boujenah).
Carrière au cinéma
En 1987, Chéreau la fait tourner dans Hôtel de France où elle et entourée de toute la troupe du metteur en scène. Lucide, Agnès Jaoui l'est d'abord sur elle-même. Elle, qui subit pendant des années l'humiliation des castings, ne s'estime pas assez jolie pour le métier. Il lui reste à dénoncer ce regard des autres, les ravages de la vanité, de l'ostracisme et de l'enfermement sur soi. En les traquant jusque dans les lieux communs, les travers et toute autre trace d'inconscient, c'est tout un art qu'elle construit en force et en finesse. L'allié de sa colère, c'est Jean-Pierre Bacri, son partenaire de jeu et d'écriture, qu'elle rencontre sur les planches en 1987, dans L'anniversaire (Harold Pinter).
Leur premier succès, Cuisine et dépendances (Philippe Muyl, 1992), qu'ils adaptent après l'avoir joué sur scène, montre avec quelle servilité l'on se range à l'opinion du plus fort, symbolisé ici par l'homme célèbre. Agnès Jaoui, dans la peau d'une journaliste en vue, y voit son couple s'effondrer au cours d'une soirée. La pièce est adaptée au cinéma, également un succès. Même chose pour Un air de famille qui les fait connaître du grand public lorsque Cédric Klapisch, en 1996 fait de la pièce son nouveau film. C'est l'histoire de Betty, une jeune fille qui s'oppose à la famille sans toutefois sortir de son schéma, inspire à Jaoui à la fois révolte et impuissance. Puis, elle chante sa douleur de thésarde dépressive dans On connaît la chanson (Alain Resnais, 1997).
Toute aussi intense dans Le cousin (Alain Corneau, 1997), en épouse négligée et alcoolique d'Alain Chabat, la comédienne plonge dans l'épreuve de vérité pour Une femme d'extérieur (Christophe Blanc, 2000). Elle y joue Françoise, infirmière et mère de famille, dont la vie bascule quand elle découvre que son mari la trompe. Histoire d'une descente aux enfers si bien nuancée qu'elle prend le spectateur à la gorge. Dans Le goût des autres (Agnès Jaoui, 2000), l'industriel inculte joué par Bacri est la risée d'une pléiade d'artistes branchés qui voient en lui le comble de la "beaufrerie". Ce premier film en tant que réalisatrice remporte un énorme succès public et critique ; il reçoit plusieurs Césars et est même en compétition aux Oscars.
Trois ans plus tard, c'est à Cannes que Comme une image est récompensé en tant que meilleur scénario, prix qu'elle partage avec Jean-Pierre Bacri. Elle tourne en 2004, sous la direction de Laurant Bouhnik (24 heures de la vie d'une femme), François Favrat (Le rôle de sa vie où elle forme un duo touchant avec Karin Viard). En 2005, c'est avec Richard Dembo qu'elle continue sur cette lancée régulière d'un film tous les un, deux ans (La maison de Nina). Puis en 2008, elle tourne Parlez-moi de la pluie, son troisième film, discret, dont elle est aussi scénariste.
Autres activités
Au théâtre, Agnès Jaoui interprète L'anniversaire, Penthésilée, Platonov, Ivanov, Cuisine et dépendances et Un air de famille. Elle écrit, toujours avec Jean-Pierre Bacri, les scénarios des films Smoking, No Smoking (Alain Resnais), On connaît la chanson (id.), Un air de famille et Le goût des autres (1999). Pour la télévision, elle tourne un épisode de la série "Navarro" : Comme des frères (Patrick Jamain, 1990). En 2006, Agnès Jaoui se met à la chanson. L'album s'appelle Canta. Elle chante exclusivement en espagnol et portugais. Elle est récompensée aux Victoires de la Musique 2007. Cette même année, elle reprend La transformation en duo avec Dick Annegarn pour l'album Le grand dîner. Elle avait également participé, en 2005, au double album de Jean-Pierre Nataf, Plutôt tôt, plutôt tard : Floricanto, en duo. En 2007, elle travaille sur l'album de Marcel Amont, Décalage horaire.
Prix
- Meilleur scénario, 2001 au Césars du Cinéma Français pour le film : Le goût des autres
- Meilleur scénario, 2000 au EFA - European Film Academy pour le film : Le goût des autres
- Meilleure interprétation féminine dans un 2nd rôle, 1998 au Césars du Cinéma Français pour le film : On connaît la chanson
- Meilleur scénario, 1998 au Césars du Cinéma Français pour le film : On connaît la chanson
- Meilleur scénario, 1997 au Césars du Cinéma Français pour le film : Un air de famille
- Meilleur scénario, 1994 au Césars du Cinéma Français pour le film : Smoking/No smoking