Ciné-Ressources – Fiches personnalités

Emilie Dequenne

Interprète


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Naissance
29 août 1981 à Beloeil (Belgique)
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Formation

Inscrite dès l'âge de huit ans dans un cours de déclamation et de diction, Emilie Dequenne apprend très tôt à jouer sur le ton de sa voix pour restituer une palette variée d'émotions. De 1994 à 1996, elle est membre de l'atelier "Le Théâtre de la Relève", de Ladeuze. Après deux années de coupure avec la scène, consacrées à ses études, elle remporte en mai 1998 un tournoi d'éloquence, renouant ainsi avec sa vocation d'actrice.

Carrière au cinéma

Emilie Dequenne fait partie de la génération d'actrices belges des années 1990, représentée par des comédiennes telles Natacha Régnier ou Marie Gillain. Elle fait une entrée fracassante sur le grand écran dans le rôle-titre de Rosetta (1999) des frères Dardenne, qui la choisissent lors d'un casting. Pour son premier film, elle réalise une grande performance d'actrice. Jeune fille sans avenir, se heurtant à la pénible réalité d'une région ouvrière en crise, elle incarne avec un naturel éblouissant toute la misère et la détresse d'une génération. La richesse de son jeu lui vaut le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes. Le film, quant à lui, remporte la Palme d'or. Poursuivant sur sa lancée, en 2000, elle tourne Le Pacte des loups (Christophe Gans), grosse production en costumes où elle est associée à quelques grands noms du cinéma français, tels Monica Bellucci et Vincent Cassel.
Très sollicitée après ces deux succès, elle devient une jeune fille mal dans sa peau qui entreprend une thérapie dans Oui, mais... (2001) de Yves Lavandier, face à Gérard Jugnot. Sa fraîcheur bouscule ensuite le quotidien du bourru Jean-Pierre Bacri dans Une femme de ménage (2002) de Claude Berri. Après deux comédies (Mariées mais pas trop, 2003, de Anne Consigny ; L'Américain, 2004, de Patrick Timsit), elle se glisse dans l'univers maritime tourmenté de L'Equipier (Philippe Lioret, 2004). Elle enchaîne alors les rôles secondaires, que ce soit dans le film historique international Le Pont du roi Saint-Louis (Mary McGukian, 2004), le drame choral Avant qu'il ne soit trop tard (Laurent Dussaux, 2005) ou la décevante adaptation du Grand Meaulnes d'Alain-Fournier par Jean-Daniel Verhaegue (2005).
On la remarque ensuite en apprentie chanteuse accumulant les petits boulots dans La Vie d'artiste (2006) de Marc Fitoussi, et en jeune amie d'un Omar Sharif perdant la mémoire dans J'ai oublié de te dire (Laurent Vinas-Raymond, 2008). André Téchiné fait d'elle le visage d'un des faits divers les plus médiatisés de la période (une adolescente invente une agression antisémite dont elle aurait été victime), La Fille du RER (2009), où elle est la fille de Catherine Deneuve. C'est pourtant avec un autre fait divers, celui à l'origine du film de Joachim Lafosse A perdre la raison (2012) qu'Emilie Dequenne signe son retour au premier plan. Elle est impressionnante dans ce rôle de mère de famille qui tue ses enfants, et reçoit pour cela un nouveau prix d'interprétation à Cannes, celui de la section Un certain regard. Après ce film très dur, elle participe à deux thrillers, La Traversée (Jérôme Cornuau, 2012) et Möbius (Eric Rochant, 2013).

Autres activités

Parmi les téléfilms auxquels elle a collaboré, plusieurs sont des polars (Miroir, mon beau, miroir, Serge Meynard, 2007 ; Obsession(s), Frédéric Tellier, 2010 ; Mystère au Moulin Rouge, Stéphane Kappes, 2011) mais c'est en incarnant Charlotte Corday dans le téléfilm éponyme de Henry Helman (2008) qu'elle décroche son plus beau rôle sur petit écran.
Au théâtre, elle est la Mademoiselle Julie de Strindberg dans une mise en scène de Didier Long en 2006 et incarne quatre ans plus tard la demoiselle de compagnie de la grande exploratrice jouée par Hélène Vincent dans Alexandra David-Neel de Michel Lengliney, là aussi sous la direction de Didier Long.

Prix

  • Meilleure interprétation féminine, 2015 au Les Magritte du Cinéma pour le film : Pas son genre
  • Meilleur espoir féminin, 1999 au Chicago Film Critics Association Awards pour le film : Rosetta
  • Prix d'interprétation féminine, 1999 au Festival International du Film (Cannes) pour le film : Rosetta

Courts métrages

en tant que : Interprète

2006 Chacun son cinéma : Dans l'obscurité Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

Longs métrages

en tant que : Interprète

1998 Rosetta Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne
2000 Oui, mais Yves Lavandier
2000 Pacte des loups (Le) Christophe Gans
2002 Mariées mais pas trop Catherine Corsini
2002 Une femme de ménage Claude Berri
2003 Américain (L') Patrick Timsit
2003 Puente de San Luis Rey (El)
Le Pont du roi Saint-Louis
Mary McGuckian
2004 Avant qu'il ne soit trop tard Laurent Dussaux
2004 Equipier (L') Philippe Lioret
2004 Etats-Unis d'Albert (Les) André Forcier
2004 Ravisseuse (La) Antoine Santana
2005 Ecoute le temps Alanté Kavaïté
2005 Grand Meaulnes (Le) Jean-Daniel Verhaeghe
2006 Vie d'artiste (La) Marc Fitoussi
2007 J'ai oublié de te dire Laurent Vinas-Raymond
2008 Fille du RER (La) André Téchiné
2009 Meute (La) Franck Richard
2011 A perdre la raison Joachim Lafosse
2011 Traversée (La) Jérôme Cornuau
2012 Divin enfant Olivier Doran
2012 Möbius Eric Rochant
2013 Pas son genre Lucas Belvaux
2014 Par accident Camille Fontaine
2015 Maman a tort Marc Fitoussi
2016 Au revoir là-haut Albert Dupontel
2016 Chez nous Lucas Belvaux
2016 Hommes du feu (Les) Pierre Jolivet