Réalisateur, Scénariste, Producteur, Interprète, Adaptateur, Monteur
Après l'immigration de sa famille à Hong-Kong, Tsui Hark part en 1969 étudier le cinéma à Austin (Texas). En 1974, il travaille à New York pour des laboratoires de tirage spécialisés dans le documentaire d'actualités. De retour à Hong-Kong en 1977, il est producteur-metteur en scène pour la télévision. Puis il participe à la réalisation d'un soap-opéra en plusieurs épisodes, Gold dagger romance.
Tsui Hark revisite la culture populaire de la Chine pour l'adapter au goût du jour. Légendes, personnages mythiques, bataille dans les airs et autres ingrédients du traditionalisme forment donc la toile de fond de sa filmographie. Mais l'ironie du ton, l'énergie du traitement et le choix des sujets en assurent la modernité. Son long-métrage, Butterfly murders (1979), le désigne comme l'un des représentants de la nouvelle vague chinoise. L'enfer des armes (1980) fait directement allusion à la menace terroriste qui plane sur Hong-Kong. Avec Zu, les guerriers de la montagne magique (1983), Tsui Hark connaît une renommée internationale, notamment grâce à l'emploi systématique des effets spéciaux qui le rapproche des films d'action américains. De même Peking opera blues (1986) et A better tomorrow 3 (1989) qui renouvellent le style opera et appliquent l'exemple des vieilles guerres asiatiques à la question brûlante de la rétrocession de Hong-Kong. Once upon a time in China (1991) s'inspire de la figure légendaire de Wong Fei Hung, pour désigner la vraie voie de la sagesse : garder son âme face à la pression totalitaire. The lovers (1994), un Roméo et Juliette asiatique, se distingue de ses autres films par une mise en scène épurée, épousant le rythme des émotions qui habitent les personnages. Avec The blade (1995), Tsui Hark signe son film le plus percutant. Pour retracer la vengeance d'un jeune orphelin qui, devenu manchot à la suite d'une mutilation, invente une nouvelle technique de combat au sabre, le réalisateur s'empare du genre très populaire de la chevalerie classique pour en dénoncer la brutalité. Pour obtenir une meilleure intensité dramatique, Tsui Hark rompt avec la tradition hong-kongaise des longs dialogues et filme avec une grande justesse de ton une Chine des temps sombres. Puis il réalise des films d'action et de combat Double team (1997) et Piège à Honk Kong (1998) avec Jean-Claude Van Damme. Le réalisateur revient ensuite à l'univers asiatique avec Zu, la légende du guerrier (2001) et Seven swords (2004).
En 1984, Tsui Hark crée Film Workshop, un atelier d'auteurs. Tsui Hark est également producteur, notamment pour Le syndicat du crime (John Woo, 1986) et Histoire de fantômes chinois (Ching Siu Tung, 1987). Il est enfin interprète, notamment pour Mad mission (Eric Tsang, 1982) ou Magic to win (John Woo, 1985).