Paulette Coquatrix
Costumier

Naissance
26 avril 1916 à Paris (France)
Etat civil
Clara Paulette Possicelsky
Décès
28 mai 2018 à Les Clérimois, Yonne (France)
Liens familiaux
Paulette Coquatrix est la nièce du producteur Adolphe Osso. Son frère, Jacques Boris est attaché de presse et distributeur des films Osso pour la région de Bordeaux. Son autre frère, Robert Boris, est directeur du cinéma La Scala à Bruxelles (propriété Osso) et rédacteur en chef du quotidien cinématographique professionnel : Journal Osso. Paulette Possicelsky Boris est mariée au compositeur et directeur de salles de spectacle Bruno Coquatrix (L'Olympia).

Formation

Paulette Coquatrix quitte les études précocement. Son oncle, le producteur Adolphe Osso la place à un poste de secrétaire au service des scénaristes, sous la direction Saül Collin. Au contact de cet homme " brillant et cultivé ", Paulette Coquatrix se prend de passion pour les arts, le théâtre, la danse et la littérature. Pendant la guerre, elle s'intéresse tout particulièrement à la mode qui lui permet de " manifester au moins sur le plan vestimentaire une certaine indépendance " et devient modiste. A la Libération, Bruno Coquatrix - son mari - l'incite à devenir costumière de théâtre. Formée par le costumier Jacques Costet, elle signe ses premières créations pour la scène sous le nom de Paulette Catherine. Sous ce patronyme, elle conçoit les costumes du cabaret Le Baccara que dirige son mari en 1949 et habille, dès 1947, les différentes opérettes mises en musique ou produites par ce dernier : Maharadjah , Le Chevalier Bayard (1948), Baratin (1949), Monsieur Bourgogne (id.), Il faut marier maman (1950) et La route fleurie (1952).

Carrière au cinéma

D'Une femme par jour (1948) à Zazie dans le métro (1960), Paulette Coquatrix, couturière et costumière pour le cinéma, pose sa griffe sur une trentaine de films français des années cinquante.
Intéressé par le cinéma, Bruno Coquatrix crée avec Ray Ventura la société Hoche Productions en 1946. Dès lors, Paulette Coquatrix est amenée à superviser la création de nombreux costumes, collaborant avec les grands créateurs du moment comme Rosine Delamare, Marc Doelnitz et Georges Annenkov et habillant à plusieurs reprises Dany Robin, Danielle Darrieux ou encore Michèle Morgan. Si elle conçoit ses premiers costumes en 1948 - sous le patronyme de Paulette Catherine - pour le film de Jean Boyer Une femme par jour ; il faudra attendre quatre ans avant qu'elle appose définitivement son nom avec Femmes de Paris (id., 1952). A l'aise avec l'ensemble des genres cinématographiques alors en vogue, Paulette Coquatrix est " fière d'être le seul costumier de cinéma à créer également des robes de style pour films historiques, des robes modernes et indémodables pour les films sur notre époque et des robes à la dernière mode pour ses clientes personnelles ". Mariée au principal artisan des comédies musicales à la française, Paulette Coquatrix s'oriente tout naturellement vers le film musical. Après le " film opérette " Une femme par jour, elle dessine les costumes de Femmes de Paris, un hommage au cabaret avec de grandes figures des nuits parisiennes : Micheline Dax, Robert Lamoureux, Roger Pierre, l'orchestre de Ray Ventura et Nadine Tallier, ancienne présentatrice de Bobino. Pour French Cancan (1954), Jean Renoir lui demande de reproduire les bibis des cancanières du Moulin Rouge ; la même année elle crée les robes de la chanteuse de cabaret interprétée par Micheline Presle dans Les Impures (Pierre Chevalier). L'année suivante, elle exécute les robes de Marguerite la nuit (Claude Autant-Lara), puis - toujours en collaboration avec Rosine Delamare - de la comédie musicale Bonsoir Paris, bonjour l'amour (Ralph Baum, 1956) et de Baratin (Jean Stelli, id.), adaptation pour l'écran d'une pièce de son époux. Avec ces robes fendues ou froufroutantes, ces chemises à jabot, manches ballon, dos nus et justes au corps, Paulette Coquatrix restitue avec talent l'apparat féminin des soirées dansantes. La costumière excelle aussi dans les films du Milieu avec ces vamps et filles de petite vertu. En 1955, elle habille l'adaptation du roman Francis Carco M'sieur la Caille (André Pergament), avec Jeanne Moreau et Marthe Mercadier. Deux ans plus tard, elle conçoit les robes de Dominique Wilms dans Le Grand bluff, puis celles portées par Danik Patisson et Tilda Thamar pour Incognito, deux films réalisés par Patrice Dally avec Eddie Constantine. Pour les films d'époque ou historiques, Paulette Coquatrix puise son inspiration dans les ouvrages de référence en histoire du costume - principalement du XVIIe au premier quart du XXe siècle. Elle habille les deux grandes productions en costumes de Sacha Guitry : Si Versailles m'était conté (1953) et Napoléon (1954). Pour ce dernier film et ses 6 300 figurants en costume, elle réalise tuniques en coton satiné, brodées ou drapées, agrémentées de noeuds. La même année, elle pare la star hollywoodienne Yvonne De Carlo, courtisane dans La Castiglione (Georges Combret), de robes à crinoline, chemisiers en dentelles, corsages, chapeaux et voilettes. Suivent, entre autres, Le Rouge et le Noir (Autant-Lara, id.) ; Frou-Frou (Augusto Genina, id.), C'est arrivé à Aden (Michel Boisrond, 1956), Sans Famille (André Michel, 1957), Signé Arsène Lupin (Yves Robert, 1959) et ses robes pour Alida Valli. Pour sa dernière collaboration avec le cinéma, Paulette Coquatrix signe l'ensemble mauve que porte Yvonne Clech dans Zazie dans le métro (Louis Malle, 1960) : une capeline ornementée d'une fleur sur la poitrine assortie à une robe en feutrine de coton et franges.

Autres activités

Paulette Coquatrix habille les représentations de nombreuses scènes parisiennes, la plupart liées à son mari Bruno Coquatrix (L'Européen, le Saint-Georges, la Comédie-Caumartin, l'Atelier, le Théâtre Fontaine, Marigny ou encore l'Ambigu-Comique). Costumière et couturière pour le théâtre, Paulette Coquatrix crée et réalise les costumes pour les pièces et opérettes suivantes : Mobilette (mise en scène : Jean-Marc Thibault, 1953), La Volupté de l'honneur (Jean Mercure, id.), Une Visite de noces (id.), L'Amour des quatre colonels (Jean-Pierre Grenier, 1954), La Mouette (André Barsacq, 1955), Un monsieur qui attend (Pierre Dux, id.), Ne faites pas l'enfant (Michel de Ré, 1957), Coquin de printemps (Jacques-Henri Duval, 1958). Spécialisée dans les toilettes féminines, elle crée les robes de Simone Paris pour L'Ami de la famille (Bernard Blier, 1955) et exécute pour L'Etonnant Pennypacker (Jean-Pierre Grenier, 1958) des " robes délicates et somptueuses " inspirées de la Guerre de Sécession. A Lyon, Paulette Coquatrix habille pour le théâtre des Célestins les représentations de Schnok (Fred Pasquali, 1952), L'Homme qui se donnait la comédie (Daniel Gélin, 1955), Jupiter (Jacques-Henri Duval, 1956), et exécute les robes de Danielle Darrieux dans Le Chandelier (Fernand Ledoux, 1959). Enfin, elle conçoit les costumes de la pièce Sodome et Gomorrhe (Charles Gantillon) présentée lors du Festival de Lyon-Charbonnières en 1958.
De nombreuses actrices sont clientes de l'" Atelier Paulette Coquatrix ", sa propre marque de confection, parmi elles Dany Carrel pour qui " ses robes sont créées pour s'adapter à sa personnalité " ou encore Audrey Hepburn, avant d'être habillée par Givenchy.
A la mort de son mari en 1979, Paulette Coquatrix co-dirige L'Olympia avec son neveu Jean-Marc Boris jusqu'en 2001.

Ouvrages

Périodiques

Liens Internet

Longs métrages

en tant que : Costumier

1948 Une femme par jour Jean Boyer
1952 Femmes de Paris Jean Boyer
1953 Si Versailles m'était conté Sacha Guitry
1954 Castiglione (La) Georges Combret
1954 French Cancan Jean Renoir
1954 Frou-Frou Augusto Genina
1954 Impures (Les) Pierre Chevalier
1954 Napoléon Sacha Guitry
1954 Rouge et le noir (Le) Claude Autant-Lara
1954 Scènes de ménage André Berthomieu
1954 Vicomte de Bragelonne (Le) Fernando Cerchio
1955 Affaire des poisons (L') Henri Decoin
1955 Amant de Lady Chatterley (L') Marc Allégret
1955 M'sieur la Caille André Pergament
1955 Marguerite de la nuit Claude Autant-Lara
1956 Aventures d'Arsène Lupin (Les) Jacques Becker
1956 Baratin Jean Stelli
1956 Bonsoir Paris, bonjour l'amour Ralph Baum
1956 C'est arrivé à Aden Michel Boisrond
1957 Coin tranquille (Le) Robert Vernay
1957 Grand bluff (Le) Patrice Dally
1957 Incognito Patrice Dally
1957 Mimi Pinson Robert Darène
1957 Sans famille André Michel
1957 Thérèse Etienne Denys de La Patellière
1958 Chéri, fais-moi peur Jack Pinoteau
1958 Désordre et la nuit (Le) Gilles Grangier
1958 Miroir à deux faces (Le) André Cayatte
1958 Tant d'amour perdu Léo Joannon
1959 Chemin des écoliers (Le) Michel Boisrond
1959 Signé Arsène Lupin Yves Robert
1959 Yeux de l'amour (Les) Denys de La Patellière
1960 Zazie dans le métro Louis Malle